Colloque en évaluation 2016

 

 Contexte

Les profonds changements structurels dans le réseau de la santé et des services sociaux suscitent un certain nombre de questions sur la place et le rôle de l’évaluation dans les nouvelles organisations publiques et chez leurs partenaires communautaires. Afin de mieux répondre aux besoins de la population, nous privilégions un type d’évaluation des interventions qui a pour objectifs : 

  • de développer les connaissances; 
  • de soutenir la décision; 
  • d’améliorer les pratiques et les services;
  • de favoriser l’innovation.

Afin de valoriser et faciliter l’intégration de l’évaluation dans les organisations de santé, services sociaux et développement des communautés, nous avons eu l’idée de ce colloque.      

 Les Présentations

Conférence d’ouverture

Julie Lane, chef du Service de transfert des connaissances, des bibliothèques et des pratiques de pointe, CIUSSS de l’Estrie-CHUS

Cette conférencière prône la responsabilité sociale des chercheurs universitaires pour des recherches, des évaluations et de la formation mieux adaptées aux besoins des communautés, de la prise de décision et de l’action. En ce sens, elle fait la part des choses sur la nécessité d’adopter une posture d’accompagnement mieux arrimée aux besoins et aux réalités des milieux de pratique.


Julie Nicolas, conseillère et formatrice en évaluation, Centre de formation populaire (CFP)

La présentation traite des enjeux de l’évaluation en milieu communautaire, dont la pratique peut parfois sembler moins connue en raison d’une tradition plus orale qu’écrite dans ce milieu. La conférencière traite plus spécialement des défis particuliers des évaluations réalisées par et pour le milieu communautaire, défis qu’elle examine sous l’angle d’occasions à saisir.


Sylvie Constantineau, directrice des services professionnels et des affaires universitaires, retraitée, Centre jeunesse de Montréal– Institut universitaire 

La conférencière relate avec humour des anecdotes tirées de sa pratique et fait part des leçons retenues de ces expériences. Elle met l’accent sur la nécessaire réflexion préalable à la mise en place ou au réaménagement d’une pratique ou à l’élaboration d’une démarche évaluative. Elle invite à capitaliser sur les données existantes et les processus raisonnables.



Table ronde « Le rôle de l’évaluation en contexte de changement » 

Paul Lamarche, professeur titulaire, Département d’administration de la santé, Université de Montréal 

Avec la réforme structurelle actuelle en arrière-plan et le mordant qu’on lui connaît, le conférencier insiste sur la contribution de l’évaluation en période de changements pour soutenir les preneurs de décisions. Il déplore cependant la vision des hauts dirigeants selon laquelle l’évaluation est la dernière étape du processus de planification sanitaire.


Yves Couturier, professeur titulaire, École de travail social, Université de Sherbrooke et chercheur, Centre de recherche et de partage des savoirs InterActions, CIUSSS du Nord-de-l’Île-de-Montréal 

Ce chercheur positionne d’emblée l’évaluation comme une pratique à la croisée de la connaissance et de la prise de décision. Tout en rappelant que la majorité des innovations échouent au test de l’implantation, il présente des leviers possibles et des étapes incontournables du changement et de l’amélioration des pratiques.


Marie-France Duranceau, formatrice en évaluation, Centre de formation populaire (CFP)

La conférence traite de la contribution des pratiques évaluatives pour les organismes communautaires autonomes et la société lorsque ces évaluations respectent les valeurs et les approches communautaires. Elle souligne le caractère émancipatoire des formes d’évaluation favorables à la participation démocratique, à la prise de décision partagée et à l’instauration d’une culture d’évaluation et d’amélioration continue.


 

Atelier 1 - « Soutenir la prise de décision et favoriser les pratiques innovantes» 

Renée Proulx, directrice adjointe des affaires universitaires et de la recherche – secteur social, CIUSSS de l’Ouest-de-l’île-de-Montréal 

La conférencière situe l’évaluation dans un éventail d’activités possibles qui conduisent à forger un jugement, jugement qui sera d’autant plus crédible qu’il suscitera la confiance des gens à qui il est destiné. La conclusion relate les défis associés aux étapes de réalisation d’une évaluation en contexte de transformation.

Élizabeth Boucher, adj. à la direction et André Boulet, resp. des bénévoles, Centre d’action bénévole d’Iberville 

La conférencière souligne l’importance de définir le problème à résoudre et les objectifs de l’évaluation avant d’envisager une quelconque évaluation et de s’attarder à l’évaluation à proprement parler. Elle amorce ensuite une réflexion générale sur les principes d’une communication efficace et adaptée au contexte et aux interlocuteurs concernés.

Céline Bellot, professeure titulaire, École de travail social, Université de Montréal 

Atelier 2 - « Favoriser la prise de parole et la participation au processus d’évaluation » 

Sylvie Gendron, professeure agrégée, Faculté des sciences infirmières, Université de Montréal 

Selon la chercheure, le cadre de travail dans lequel se réalisent l’évaluation et l’intervention est ce qui crée un espace réflexif favorable au dialogue des divers acteurs et au potentiel transformateur ou émancipatoire de la connaissance.

Céline Poissant, agente de recherche en évaluation, Direction de santé publique, Centre intégré de santé et services sociaux (CISSS) de Lanaudière 

L’anthropologue médicale promeut une approche participative et négociée en évaluation, et ce, dans une perspective d’autonomisation des parties prenantes. La conférencière décrit son rôle comme celui d’une accompagnatrice ou d’un catalyseur des interprétations diverses qu’elle fait émerger chez des participants.

Marie-Claude Jean, directrice générale, Accès Évaluation 

L’évaluatrice rapporte des stratégies et des conditions pour maintenir l’intérêt envers l’évaluation et y favoriser la prise de parole. Elle rappelle notamment les questions d’adaptation du langage, le respect de la confidentialité et de l’anonymat des répondants et la prise en compte du rythme des partenaires engagés dans le processus.

Atelier 3 -  « Favoriser le partage des résultats d’évaluation et leur utilisation » 

Karine Souffez, conseillère en transfert des connaissances, Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) 

La présentation énonce les étapes du processus de transfert des connaissances. La spécialiste trouve prioritaire de s’attarder aux fondements du transfert des connaissances – bien avant les formes par lesquelles elle peut s’opérer – afin d’accroître l’utilisation et l’impact des connaissances produites.

Mathieu-Joël Gervais, doctorant, Chaire CJM-IU-UQAM d’étude sur l’application des connaissances dans le domaine des jeunes et des familles en difficulté

L’évaluation est ici présentée comme un outil de mobilisation. Le conférencier rappelle l’importance de s’interroger sur ses propres motivations à réaliser une évaluation parce que celles-ci influenceront la façon dont le processus d’évaluation se mettra en place et, conséquemment, la façon dont les résultats issus de l’évaluation seront utilisés.

Marisabelle S. Bérubé, formatrice en évaluation 

La conférencière propose une série de questions aide-mémoire à tenir compte pour favoriser le partage des résultats d’évaluation et leur utilisation : À qui sont destinés les résultats et quel usage s’attendent-ils d’en faire ? À quel moment envisage-t-on de les diffuser et qui sera en charge de le faire ? Quel médium sera le mieux adapté aux destinataires cibles ?

Conférence  « Pistes d'action pour améliorer les retombées des évaluations » 

Diane Berthelette, professeure associée, Département d'organisation et ressources humaines, École des sciences de la gestion, UQAM 

La chercheuse aborde dans cette présentation les notions d’évaluabilité d’un programme et les finalités officielles et officieuses que peuvent revêtir une évaluation. Suivent des pistes d’action permettant d’améliorer les retombées des évaluations, telles que le travail collaboratif transparent et respectueux, l’intégration hâtive des parties incluant les acteurs du partage de connaissances, le maintien ferme du cap sur l’objectif à atteindre associé à la souplesse des moyens pour y arriver.


 

 Comité organisateur et scientifique

Coresponsables :

Bernard-Simon Leclerc, chercheur, responsable de l'unité d'évaluation, Centre de recherche et de partage des savoirs InterActions, CIUSSS du Nord-de-l’Île-de-Montréal et professeur adjoint de clinique, École de santé publique de l’Université de Montréal

Geneviève Reed, chargée de projets en mobilisation des connaissances, Centre de recherche et de partage des savoirs InterActions, CIUSSS du Nord-de-l’Île-de-Montréal

Membres :

Angèle Bilodeau, professeure agrégée de clinique, École de santé publique de l'Université de Montréal et chercheure, Centre de recherche et de partage des savoirs InterActions, CIUSSS du Nord-de-l’Île-de-Montréal

Marie-France Duranceau, formatrice en évaluation, Centre de formation populaire (CFP)

Hugues Matte, directeur général retraité (CSSS de la Vieille-Capitale)

Céline Mercier, chercheure en évaluation de programme retraitée

Saliha Ziam, professeure, École des sciences de l’administration, TELUQ et chercheure, Centre de recherche et de partage des savoirs InterActions, CIUSSS du Nord-de-l’Île-de-Montréal

 

 Les partenaires

Le centre de recherche et de partage des savoirs InterActions est l’organisateur officiel de ce colloque, avec la collaboration du CIUSSS du Nord-de-l’Île-de-Montréal et du partenariat de recherche ARIMA (financé par le Conseil de recherche en sciences humaines du Canada).

Mise à jour : 15 novembre 2016